Des Enfants Adolescents Parents , une histoire singulière pour chaque famille

La co-parentalité

La co-parentalité ou la parent-égalité : le droit de l'enfant d'aimer et être aimé de chacun de ses parents.

Il s’agit d’un principe juridique défini par la loi du 4 mars 2002 et qui stipule l’exercice conjoint de l’autorité parentale indépendamment du mariage des parents.

La co-parentalité est donc le nom donné à l’exercice conjoint de l’autorité parentale par les deux parents.

La loi a à ce sujet a évolué, en passant de la toute puissance paternelle à la co-parentalité.

Avant 1970, c’est le code Napoléon qui régit le droit de la famille, à savoir l’autorité paternelle. La loi du 4 juin 1970 introduira l’autorité parentale, exercée par les deux parents. Et en cas de divorce, c’était alors le parent considéré comme “innocent” qui se voyait attribué la résidence habituelle de l’enfant.

Avec la loi du 4 mars 2002, nous avons vu apparaître la notion d’autorité parentale conjointe ou co-parentalité qui implique d’assumer ensemble les responsabilités parentales. Cette loi relative à l’autorité parentale prend en compte l’intérêt de l’enfant ; un aspect qui n’était pas notifié dans les lois précédentes. 

Que vous soyez mariés, séparés , divorcés ou pacsés vous avez la responsabilité conjointe de l’éducation de votre enfant et ceci dans son intérêt.

Lorsque l’autorité parentale est fixée conjointement, vous vous engagez en tant que parents à l’égard de votre enfant. La sociologue, Irène THERY indique à ce sujet : “Tout individu qui reconnait un enfant comme le sien s’engage à assurer le lien de parentalité quels que soient les aléas du couple, et à respecter ce même lien chez l’autre parent.

La co-parentalité concerne donc le partage par le père et la mère de la parentalité ou “la parente – égalité”.

La parente-égalité : nous avons créé ce néologisme, pour indiquer que la co-parentalité concerne l’autorité parentale mais aussi et surtout le droit pour l’enfant d’avoir une relation avec chacun de ses parents, lorsque son intérêt est préservé. Ainsi, les parents se partagent les responsabilités à l’égard de leur enfant tant sur le plan de la loi que sur le plan éducatif, symbolique. L’enfant se construit au contact de ses deux parents,  en observant leur façon de vivre différente.

Dans la pratique, il n’est pas toujours simple, lorsque vous vous séparez, de communiquer au sujet de ce qui concerne votre enfant, même si vous souhaitez le protéger de vos conflits. La souffrance liée à votre séparation peut engendrer une impossibilité pour vous à être, même brièvement, en contact avec votre ex-conjoint. S’il vous est impossible de vous retrouver l’un en présence de l’autre voire même de vous parler, vous pouvez mettre en place le dispositif qui vous tranquillisera, dans le respect de l’intérêt de votre enfant. Si être dans une trop grande proximité avec votre ex- conjoint(te) vous fait violence, vous pouvez tout à fait dire à votre enfant : “ Pour le moment c’est trop difficile pour moi de voir ton père, ou ta mère, il/elle viendra te chercher à la crèche, l’école…”

Vous pouvez tout à fait communiquer sur les informations, l’organisation concernant votre enfant par le biais de SMS si vous parler n’ est pas possible.

Il peut arriver qu’un propos dénigrant à l’égard de l’autre parent vous échappe, mais il est plus juste pour votre enfant que vous l’évitiez au maximum. Pour vous aider à prendre de la distance avec vos ressentiments à l’égard de votre ex- conjoint vous pouvez tenter de vous laisser guider par l’affection commune que vous portez à votre enfant et reconnaître les mouvements qui le portent vers l’un ou l’autre d’entre vous en tentant de ne pas les entraver.  

La parente-égalité un copier-coller père mère ?

Avoir des droits et des devoirs à égalité ne signifie pas pour autant que vous devez vous répartir les tâches à accomplir concernant votre enfant d’une manière strictement égale.

Aucune obligation non plus à ce que vous soyez absolument d’accord sur tout ce qui concerne son rythme de vie, son alimentation, ses loisirs… Que le quotidien de votre enfant ne s’organise pas de manière analogue chez son père et chez sa mère n’est pas source de difficulté pour votre enfant. Il est extrêmement rare que les deux parents aient des pratiques éducatives totalement identiques. L’enfant est tout à fait capable de s’adapter à ces différences si elles prennent en compte ses besoins, en fonction de son âge et si ses deux parents ne remettent pas en question ce qu’il vit avec l’autre parent.

Préservez l’intérêt de votre enfant

Votre enfant peut se sentir apaisé si votre séparation met fin à une atmosphère familiale tendue en raison de vos conflits répétés. Toutefois, dans certaines situations les tensions s’accentuent après votre rupture et elles prennent le dessus sur les échanges que vous pourriez avoir autour de l’éducation de votre enfant.

Votre enfant sera davantage touché par vos conflits que par votre séparation en elle même.

Votre séparation rend de fait plus compliquée l’éducation et le quotidien de votre enfant. Une séparation, même d’un commun accord, est bien souvent un bouleversement pour l’ensemble de la famille tant sur le plan affectif que matériel. Ces bouleversements vous empêchent parfois d’exercer votre co-parentalité en prenant en compte l’intérêt de votre enfant. Il peut alors être difficile de prendre des décisions qui correspondent à ses besoins.

L’idéal serait de pouvoir inventer, construire, votre parente-égalité ensemble.  Mais c’est un idéal et ne pas y parvenir ne traduit pas que votre enfant ne pourra pas se construire. L’important réside davantage dans l’acceptation du maintien du lien parent-enfant.  

Construire une relation de parente-égalité peut s’avérer complexe et vous sembler impossible et illusoire tant le bouleversement que vous vivez est grand. Si ceci est votre cas, ceci ne signifie pas pour autant que vous n’êtes pas de “ bons” parents.

C’est en vous centrant sur la prise en compte des besoins de votre enfant que votre relation de parente-égalité pourra se construire plus aisément. 

Un minimum de communication entre vous est un enjeu important car c’est sur cette base que la prise en compte des besoins de votre enfant est possible.

Un soutien à la co-parentalité ou à la parente-égalité

Chacun d’entre vous va être amené à se poser la question  de sa parentalité et co-parentalité.  

“Co” cela signifie avec, donc être parent avec l’autre,  une parentalité partagée,  des parents associés, une équipe de parents.

Chaque famille peut inventer sa manière d’être. Il n’y a aucune “bonne” façon de faire mais plusieurs. Si un parent laisse la place à l’autre parent dans la vie de l’enfant, alors l’essentiel est là. Maintenir  une co-parentalité, après la séparation, reste difficile parce que le conflit conjugal est là, parfois irrésolu, lourd à porter, à évincer, à régler. L’enfant est au centre de ces conflits et il en est la première victime, malgré vous. Sa parole se musèle pour vous protéger. Comment l’aider au mieux si ce n’est en favorisant sa parole mais aussi en acceptant que ce dont un enfant a le plus besoin c’est que ses parents ne se disputent plus autour de sa garde, autour des différences éducatives, des trahisons, des rancœurs. Les erreurs, les ressentiments font partie inhérente de l’être humain et l’enfant peut se construire malgré tout. Mais en reconnaissant son besoin d’aimer et d’être aimé par chacun de vous, vous l’aiderez à se dégager du conflit et ainsi vous construirez cette parente-égalité. L’intervention d’un tiers, neutre et à l’écoute de votre singularité familiale, peut s’avérer soutenante. 

Être parents, co-parents, est un cheminement parfois facile, parfois moins et toujours sujet d’inquiétudes et de remaniements. Il est parfois nécessaire de pouvoir s’adresser à des professionnels qui vous soutiennent, vous guident dans cette construction tout en prenant en compte  ce dont votre enfant a besoin. 

Partager

Plus d'articles

La relation éducative

C’est grâce à la relation établie entre l’éducateur et l’enfant, l’adulte accueilli, accompagné, que « quelque chose » va pouvoir advenir. Philippe GABERAN dans son livre LA

Parentalité et handicap

Devenir parent ne va pas de soi.  Un processus se met en place et le mouvement habituel s’en trouve modifié lorsque l’enfant est en situation

Envoyez nous un message